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Les Français et les fonctionnaires

Les Français et le nombre de fonctionnaires
Téléchargez les résultats détaillés du sondage réalisé par l’Ifop

 

Traitements et pensions des fonctionnaires constituent le poste principal des dépenses de l’État. La maîtrise des dites dépenses ne saurait être effective sans qu’ils y contribuent.

Une certitude : au sortir d’un été placé sous le signe de la crise des dettes souveraines, la remise en ordre de nos finances publiques sera le sujet incontournable de la campagne présidentielle qui débute. Ce qui lui donnera une tonalité bien particulière, la recherche des économies prenant la place que les propositions de dépenses nouvelles occupaient jusqu’alors.

La nouvelle enquête réalisée par l’Ifop pour l’Observatoire de la fiscalité et des finances publiques  suggère que, pour les Français, il existe des gains possibles du côté de la fonction publique. Traitements et pensions des fonctionnaires constituant le poste principal des dépenses de l’État, la maîtrise des dites dépenses ne saurait être effective sans qu’ils y contribuent.

Qu’en pensent les Français ? Ils ont d’abord le sentiment qu’en France, nous comptons davantage de fonctionnaires que dans les pays comparables, même si, pour un tiers de nos compatriotes, nous sommes au même niveau que les autres.

Cela signifie-t-il que nous pourrions avoir des services publics de qualité en diminuant le nombre des agents publics ? C’est ce que pensent la moitié des Français, mais il s’agit d’une mince majorité, puisque 44 % sont de l’avis inverse. Quant à savoir comment la quantité de travail fournie par les fonctionnaires se compare avec celle des salariés du privé, 60 % des personnes interrogées l’estiment moindre, 40% équivalente, personne n’envisageant qu’ils travaillent plus.

Deux critères jouent un rôle essentiel dans le clivage des opinions sur cette question cruciale pour nos finances publiques : le statut professionnel et les préférences politiques. Les agents publics se singularisent par leur sentiment que les fonctionnaires ne sont pas plus nombreux en France que chez nos voisins, qu’ils travaillent autant que dans le privé et que leur nombre est nécessaire à la qualité des services publics. Les salariés du privé, et surtout les travailleurs indépendants pensent au contraire que les fonctionnaires étant chez nous plus nombreux et travaillant moins que dans le privé, des gains de productivité sont possibles, tout en maintenant le niveau des services avec moins d’agents.

Le clivage droite/gauche est très tranché : pour 69 % des électeurs de droite, on pourrait maintenir le niveau des services publics avec moins de fonctionnaires ; pour 60% des électeurs de gauche, c’est impossible. Naturellement, ces deux critères sont corrélés, les agents publics ayant tendance à voter plus à gauche que les salariés du privé et surtout que les travailleurs indépendants.

Au total, il existe un courant majoritaire dans l’électorat pour penser que des économies sont possibles dans la fonction publique, avec un « noyau dur » d’environ 30% qui pense à la fois que nous avons plus de fonctionnaires qu’ailleurs, qu’ils travaillent moins que les salariés du privé et qu’on pourrait faire aussi bien – parfois, il faudrait dire aussi mal – avec moins d’agents publics.

Ce courant de l’opinion sera-t-il pris en considération dans l’élection qui se prépare ? Ce n’est pas sûr, quand on connaît la puissance, dans notre pays, des groupes de pression qui défendent les privilèges des agents publics.

Souvenons-nous qu’avec une majorité de droite, les fonctionnaires – et encore bien plus les agents régis par des régimes spéciaux – sont passés au travers de l’essentiel des rigueurs que la réforme des retraites a valu aux salariés du privé. Et que la même majorité a escamoté dans les lois de finances les chiffres qui mesuraient à quel point la crise s’accompagne d’un élargissement de l’écart des rémunérations entre secteur privé et secteur public, à l’avantage de ce dernier.

Seule la contrainte budgétaire sera de nature à faire la lumière sur un sujet tabou, à savoir le coût d’une fonction publique à la fois pléthorique et privilégiée, et à en tirer les conséquences financières. À condition qu’une vigoureuse action d’information permette aux Français de percevoir les privilèges des agents publics et leur coût.

 

Michel Brulé, fondateur de l’institut BVA.