Le référendum d’initiative populaire

« Les Français et le référendum d’initiative populaire »
Téléchargez les résultats détaillés du sondage réalisé par l’Ifop

 

Les Français déplorent que leurs dirigeants ne les consultent pas par la voie du référendum.

Nos dirigeants seraient bien inspirés de se souvenir de cette volonté du corps électoral

Les Français déplorent que leurs dirigeants ne les consultent plus guère par la voie du référendum. Ils souhaiteraient pouvoir en prendre eux-mêmes l’initiative plus facilement, à l’instar de ce qui se passe chez nos voisins suisses.

C’est ce qui ressort du sondage de l’Ifop pour l’Observatoire de la fiscalité et des finances publiques. Ce vœu est exprimé par 7 Français sur 10 et rencontre très peu d’opposants. Il s’agit d’une aspiration qui est commune à toutes les catégories de population et traverse les frontières politiques, plus forte encore à gauche et chez les électeurs du Front national qu’à l’UMP.

Sur chacun des quatre sujets proposés pour de telles consultations se dégagent de larges majorités. Respectivement : 83 % pour le cumul des mandats, 78 % pour se service minimum en cas de grève dans les services publics, 68 % pour la maîtrise des déficits publics et 66 % pour le statut de la fonction publique.

Concernant la remise en ordre des finances publiques, les Français aimeraient que toute nouvelle création d’impôt leur soit d’abord soumise.

Les enquêtes antérieures ont montré leur sensibilisation très forte à l’accroissement des déficits publics, et leur volonté massive de voir ceux-ci résorbés par la baisse des dépenses plutôt que par l’accroissement des prélèvements. C’est pourquoi ils veulent avoir leur mot à dire sur un sujet devenu majeur. Ce sondage témoigne d’un vif désir de retour aux sources de la Ve République. La pratique du référendum était au cœur du soutien recueilli par les institutions mises en place il y a plus de 50 ans par le général de Gaulle. Lequel recourut au référendum quatre fois pendant sa présidence, sans compter la consultation initiale qui avait vu l’approbation massive des nouvelles institutions. Ses successeurs furent plus réticents à utiliser cette procédure, et y connurent des succès divers : montée des abstentions jusqu’à être parfois largement majoritaires et surtout rejet du projet de constitution européenne, après l’adoption d’extrême justesse du traité de Maastricht.

Sans doute le non du 29 mai 2005 a-t-il rendu nos dirigeants forts méfiants vis-à-vis d’une procédure qui a fait apparaître au grand jour le divorce entre l’establishment politique, médiatique et économique, massivement favorable au projet et le corps électoral qui l’a rejeté.

C’est que ce rejet était révélateur d’un fossé. On en retrouve aujourd’hui la marque dans le désir quasi unanime d’être consulté sur le cumul des mandats, autre terrain de dissension entre gouvernants et gouvernés.

Dans un pays comme le nôtre, appelé à faire face à des décisions cruciales pour retrouver de saines finances publiques, nos dirigeants seraient bien inspirés de se souvenir de cette volonté du corps électoral d’avoir son mot à dire et d’en profiter pour revenir à l’esprit de nos institutions.

Michel brulé
Fondateur de l’institut BVA